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Ksar Ghilane, un joyau lamentablement abandonné (Reportage)

23.12.2018

Ksar Ghilane (gouvernorat de Kébili), situé aux abords du Grand erg oriental, entre le Nefzaoua et Remada. Un site touristique qui abrite un fort datant de l'époque romaine, « Tisavar ». Un fort, qui a été construit sous le règne de l’empereur Commode en 183 ap. J-C. la région désertique du Sud Tunisien permettait de surveiller la route du Dhahar et faisait partie de la frontière romaine, le fameux limes, qu’on nommait aussi « ripa » ou « terminus ». On ne saurait passer sous silence ce site pittoresque. Direction Ksar Ghilane. Reportage.

PAMT-Ksar Ghilane-Reportage

Il est préférable d’y partir tôt le matin. La visite de Ksar Ghilane est toujours fortement prisée. Au départ, le temps est frisquet. C’est paradoxal, mais c’est toujours ainsi au Sahara, avec ses brutales variations de température en une poignée d’heures. A quelques kilomètres de notre position, les voies escarpées de l’unique voie routière à emprunter pour y arriver. Ksar Ghilane a longtemps été difficile d'accès : elle est désormais reliée par une route asphaltée à 150 km de Douz.

Dès l’arrivée, la magnifique oasis nous accueille. Un peu plus loin, on se retrouve au cœur de splendides panoramas de dunes sculptées par le vent. Tantôt doucement ondulées, tantôt dressées en vagues impétueuses. Guides et chameliers de la région mettent toute leur passion et leurs expériences au service de ceux qui veulent découvrir l’émotion du parcours vers le Ksar de Ghilane. Un paysage naturel vierge qui réchauffe le cœur.

Plus haut, se dressant sur un monticule, le fort, ou plus précisément ce qui en reste. Bien que réduit à l’état de ruines, il garde encore sa splendeur rectangulaire. Les pierres de « Ksar Ghilane » sont partout. Le château-fort, dans sa solitude au cœur des sables, parle encore. Il raconte à sa manière une histoire qui date de plusieurs siècles. Mais, à bien y voir, le constat est catégorique. Le château historique nécessite un aménagement urgent. Autour de la cour, des cellules ou des petites chambres qui témoignent encore de l’habitat des soldats romains à l’époque.

Amor Sanhouri, guide touristique, nous révèle que le site a été fouillé depuis 1900. Il a connu un épisode remarquable durant la campagne des troupes françaises en Tunisie en 1943. A l’entrée du village, une stèle commémorative témoigne de cet événement. La plaque en métal jauni nous révèle que, du 23 février au 10 mars 1943, le général Leclerc, à la tête de son armée venue du Tchad, y avait battu les troupes allemandes.

Dans cette région, point d’éclairage public. Les habitants se trouvent obligés de recourir à l’énergie solaire. Les gens s’adaptent tant bien que mal. Mais ils sont toujours chaleureux et accueillants.

Nombreux, les visiteurs se rendent à dos de chameau ou en quad, aux ruines du fort romain, non loin de l’oasis de Ksar Ghilane surnommée « el Garaa » par les habitants. Les touristes peuvent profiter des saisissants paysages de sable, tout en bénéficiant de la fraîcheur de l'oasis. Réputée pour être la plus méridionale des oasis tunisiennes et l'une des portes du Sahara tunisien, l'oasis est alimentée par une source d'eau chaude. On y fait volontiers trempette, pour se baigner. Elle aurait aussi des vertus thermales.

En dépit des conditions difficiles, le site demeure une destination privilégiée des touristes. En arpentant le château, une équipe composée d’une dizaine d’individus débarque. L’isolement de la région n’empêche guère les touristes d’y revenir.

« L’appel du Sahara résonne d’autant plus fort que la vie moderne est de plus en plus étriquée et oppressante », indique une jeune fille rencontrée sur le site.

Ce village pourrait contribuer à attirer les touristes davantage grâce à ses inépuisables spécificités naturelles. Il suffit pour cela que nos autorités lancent un coup d’œil et réagissent. L’aménagement de ce site dans les plus proches délais est indispensable. Il pourrait ainsi promouvoir les prestations offertes aux touristes et booster le tourisme saharien.

————— (*) "Ce Travail a été réalisé par Khouloud Amraoui dans le cadre d'une session de formation-production, organisée par le PAMT du 19 au 23 décembre 2018 à Douz, dans le sud tunisien. Impliquant 14 journalistes représentant plusieurs organes de presse publics et privés dans la couverture du Festival international du Sahara, cette session sera couronnée par des productions à paraître dans les médias des participants, sur la page facebook du PAMT (https://bit.ly/2GH5HkX), le site (www.mediaup.tn)  et le site du CAPJC (www.capjc.tn).