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Tourisme Saharien: Entre promesses et réalités

28.12.2018

Tourisme Saharien: Entre promesses et réalités

Le désert en tant que tel est attrayant. On ne peut rester insensible à son charme envoûtant, ensorcelant plusieurs touristes d’y venir se ressourcer. Toutefois, le plus gros du trafic touristique annuel dans la région se passe en hiver. Le Sud trouve du mal à décoller. Il ne faut pas rester les bras croisés. Accentuer davantage le rythme de la communication à travers des campagnes de sensibilisation et des spots publicitaires est important. Surtout que le voyageur au Sud n’est plus passif. Il devient lui-même acteur authentique de pratiques ancestrales. Autant de raisons et d’arguments qui font que la contribution des ministères du Tourisme et de la Culture est essentielle pour promouvoir le Sud tunisien. Le Sahara a de tout temps été un territoire de particularité singulière.

PAMT-Festival international de Douz- Formation- Tourisme saharien

Actuellement, les perspectives tendent vers l’élaboration d’une réflexion sur l’état des lieux du tourisme de circuit dans le Sahara. Selon le découpage régional de l’administration touristique, le tourisme saharien concerne quatre gouvernorats du Sud tunisien à savoir, ceux de Tozeur, Kébeli, Gafsa et Tataouine. Ces quatre gouvernorats sont regroupés sous l’appellation de « zone touristique de Gafsa-Tozeur ». Seulement, ce tourisme saharien, vivier inttarissable de richesses exotiques et ballotté entre promesses et réalités.

Le délégué régional du tourisme de Kébili, Mohamed Sayem fait savoir qu’il y a un manque à souligner au niveau de la communication et de la promotion. Il précise que le gouvernement a mis le paquet beaucoup plus sur l’hôtellerie que sur le tourisme. Et d’ajouter encore : « On a plusieurs produits publicitaires pour la région. Et c’est le rôle des agences de voyage de terminer le travail et de le médiatiser comme il faut aux gens ».

Le tourisme interne, un créneau salvateur pour la saison.

Le délégué régional indique que les catégories des touristes sont comme suit ; des touristes de l’intérieur, suivi des touristes russes, français, chinois et allemands. Et de préciser : « 50% des touristes sont des Tunisiens. Le comportement du touriste tunisien a radicalement changé. Il confirme sa réservation en avance, exactement comme le touriste européen ».

M.Sayem fait savoir que le taux de réservation dans les hôtels dans la région est de 100% jusqu’au réveillon. « Les nuitées globales ont passé de 117 mille l’année précédente à 160 mille actuellement. 145 mille touristes visitent le Sud contre 100 mille touristes une année auparavant, soit une augmentation de 45% », précise le délégué régional.

Les maisons d’hôtes au Sud, c’est pour bientôt.

Le délégué a insisté également sur l’importance de diversifier l’offre touristique. « Il faut mettre en relief la richesse de l’artisanat traditionnel que recèle le sud tunisien », ajoute-t-il. Concernant le développement du produit touristique de la région, le délégué fait savoir qu’il n’y a pas trop de produits touristiques dans le Sud. On ne peut pas rétorquer la tente contre un produit de luxe, dit-il, nous sommes toujours dépendants de la tente et du Sahara.

« Par ailleurs, la réhabitation du marché local de Douz a été lancé depuis 3 ans avec une enveloppe de 300 MD. Nous sommes en train de mettre en place des maisons d’hôtes dans la région afin de diversifier le choix pour le profit des touristes. Quelques maisons d’hôtes sont en cours de construction », souligne le délégué.

Les marques chinoises sont propagées énormément dans le marché local. Chose qui a impacté sur la vente des produits locaux de la région, qui sont déjà en berne. « Les achats d’artisanat sont précaires », avoue-t-il. La durée réduite des séjours des touristes dans les zones sahariennes pose également un problème récurrent. « Le touriste aujourd’hui souffre en particulier de trois problèmes : un pouvoir d’achat faible, une pression de temps (séjour court) et des produits tunisiens, qui se sont délaissés à cause de la vente des marques chinoises dans le marché local.

Pour la question de la fermeture des sites au Sud tels que le site de Elborma- borj khadhra, le délégué affirme que tous les sites sont ouverts actuellement. « Il n’y a aucun site fermé pour le moment », assure-t-il. Il est à rappeler que le site Elborma-Borj Khadhra, fermé depuis l’année 2009 par les autorités suite à l’égarement de touristes russes en plein Sahara.

In fine, le développement d’un tourisme saharien durable nécessite toutefois de même, une mobilisation de la population locale, des acteurs du tourisme ainsi qu’une volonté politique plus prononcée.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                     Khouloud AMRAOUI

-------------*Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une formation-production du Programme d’appui aux médias en Tunisie. Cette activité a impliqué, du 19 au 23 décembre 2018, 14 journalistes de différents médias tunisiens dans la couverture du Festival international du Sahara de Douz et de sa région. Leurs productions sont publiées dans leurs médias, et consultables sur la page facebook du PAMT (https://bit.ly/2GH5HkX) et les sites (www.mediaup.tn) et (www.capjc.tn).